Vendredi 13 Avril 2007

Auditorium E.N.M.D.

GAÏA CUATRO


Gerardo Di Giusto :
piano
Aska Kaneko : violon, voix
Carlos Buschini : basse
Tomohiro Yahiro : percussions

 



L'Ardennais 16 avril 2007

lire l'interview de Gerardo Di Giusto

 


Heureuse, Aska?
Visiblement, oui, et elle pouvait l'être après une telle performance, de même que ses compagnons de voyage qui nous ont entraînés loin, très loin, plus près sûrement de l'Argentine que du Japon. En effet, l'écriture de la plupart des morceaux signés Gerardo Di Giusto reposait sur des rythmes traditionnels argentins ( mais jamais de tango), joués ici avec une rigueur très japonaise par le fantastique percussionniste Yahiro Tomohiro. Et les quelques compositions signées Aska Kaneko ou Carlos Buschini restaient dans la même veine. Certes, on sentait souvent un petit parfum extrême-oriental, amplifié encore quand Aska abandonne son violon pour jouer de la voix ( magnifique ).
Et ce métissage fort réussi ( un challenge selon Gerardo Di Giusto ) doit beaucoup à la qualité de l'écriture, mais aussi à l'extrême complicité qui unit ces musiciens et au plaisir qu'ils prennent visiblement, et qu'ils communiquent au public dès le début du concert.
Les spectateurs pour la plupart d'entre eux, connaissaient déjà le pianiste Gerardo Di Giusto et le contrebassiste Carlos Buschini ( qui troquait souvent sa contrebasse longiligne contre une basse électrique 6 cordes). Tous deux furent excellents.
La découverte, de taille, vint donc du Pays du Soleil Levant : Que le percussionniste Yahiro Tomohiro connaisse si bien les rythmes latins peut s'expliquer par le fait qu'il a vécu longtemps aux Canaries, et l'énergie qu' il impulse à cette musique doit sûrement aussi quelque-chose à la percussion traditionnelle japonaise, même s'il n'en joue jamais les rythmes.
Quant à Aska Kaneko, elle fut époustouflante de virtuosité et d'inventivité, faisant le lien entre l' Argentine et le Japon par un son de violon qui trahit une énorme culture classique européenne - On l'imagine très bien interprétant Bartok ! Sauf qu'elle ne pourrait alors pas s'échapper de la partition et se lancer dans de folles improvisations, comme elle le fait sans interruption avec Gaïa Cuatro. Ajoutons que la manière dont Aska Kaneko fait corps avec son violon et la gestuelle qui en découle sont un plaisir pour les yeux qui magnifie encore le sentiment de bonheur qu'elle nous procure.
Le public en redemande, les musiciens généreux jusqu'au bout de cette première tournée européenne reviendront trois fois pour notre plus grand plaisir... Seul l'archet du violon d' Aska doit se réjouir de la fin du concert : il a perdu quelques crins au passage et a sûrement besoin d'un bon reméchage!

Patrice Boyer
Photos Michel Renaux

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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